Lire une histoire à voix haute reste l’un des gestes les plus simples pour aider un enfant à apprendre, et c’est précisément ce rituel qui s’effrite. Avec sa campagne nationale « Ça va faire des histoires ! », L’École des loisirs veut réinstaller la lecture partagée dans le quotidien des familles, au moment où les vacances de la Toussaint offrent du temps pour s’y remettre.
- L’éditeur jeunesse déploie jusqu’à l’été 2027 une campagne de promotion de la lecture en famille, avec affiches, websérie et libraires partenaires.
- Selon l’étude 2026 du Centre national du livre, 81 % des 7-19 ans lisent pour leurs loisirs, mais n’y consacrent que 18 minutes par jour, contre 3 h 01 d’écrans.
- La part des jeunes qui disent que leurs parents ne lisent pas de livres est passée de 7 % en 2016 à 18 %.
Plan de l'article
Une campagne qui « prescrit » des histoires #
Présentée par Livres Hebdo, l’opération détourne avec humour les codes de la prévention santé. Les affiches comparent la lecture partagée à un rendez-vous régulier chez le médecin, et ce sont les enfants qui rédigent des « ordonnances » de lecture destinées à leurs parents, pour « soigner l’imaginaire ».
Une websérie réalisée avec Pymalionne donne la parole à des enfants qui racontent leur rapport aux histoires, et des libraires partenaires organisent des rendez-vous pour faire vivre la démarche dans la durée. L’objectif affiché : présenter la lecture comme « un rendez-vous du quotidien plutôt que comme une activité réservée à l’école ».
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Ce que disent les chiffres sur la lecture des enfants #
La campagne s’appuie sur la cinquième édition de l’étude « Les jeunes Français et la lecture », publiée par le Centre national du livre et réalisée par Ipsos bva auprès de 1 500 jeunes de 7 à 19 ans.
Le constat est nuancé. La lecture de loisir reste majoritaire, stable par rapport à 2024. Mais le temps qui lui est consacré pèse peu face aux écrans, et le décrochage s’accentue à l’adolescence : un tiers des 16-19 ans ne lisent pas du tout.
La lecture se fragmente aussi. D’après le CNL, 21 % des 7-9 ans disent faire autre chose en même temps qu’ils lisent ; la proportion grimpe à 45 % chez les 13-15 ans et à 67 % chez les 16-19 ans.
Pourquoi la lecture partagée compte autant #
Le chiffre qui intéresse le plus les parents concerne la transmission. Selon les données reprises par Livres Hebdo, 89 % des jeunes ont déjà eu une histoire lue par leurs parents, mais la lecture partagée régulière a reculé en dix ans. Et l’exemple familial s’érode : 18 % des jeunes disent que leurs parents ne lisent pas de livres.
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Or un enfant qui voit ses parents lire, et qui partage avec eux un moment d’histoire, associe le livre au plaisir plutôt qu’à l’exercice scolaire. Ce lien affectif aide à traverser le cap délicat de l’entrée au collège, quand la lecture de loisir commence à décrocher.
Comment installer le rituel pendant les vacances #
Choisir un moment fixe fonctionne mieux qu’une bonne résolution vague. Le soir avant de dormir, après le goûter ou au réveil le week-end : dix minutes suffisent, à condition de s’y tenir.
Laisser l’enfant choisir, même un livre déjà lu dix fois. Pour les plus jeunes, la répétition rassure et fixe le vocabulaire ; pour les lecteurs débutants, relire une histoire connue permet de déchiffrer sans se décourager.
Alterner les rôles dès que l’enfant sait lire : une page chacun, ou les dialogues pour lui et le récit pour l’adulte. Il garde le plaisir d’écouter tout en s’entraînant à lire à voix haute.
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Enfin, sortir le livre de la chambre. Une visite à la médiathèque ou chez un libraire pendant les vacances transforme le choix d’un album en petite sortie, et l’enfant repart avec un livre qu’il a lui-même sélectionné.
Et les écrans dans tout ça ? #
Il ne s’agit pas d’opposer le livre à l’écran, mais de garder une place à chacun. Mettre les téléphones de côté pendant le moment d’histoire, y compris celui des adultes, évite que la lecture ne devienne elle aussi une activité fragmentée. Les livres audio peuvent compléter le rituel lors des trajets, sans le remplacer.
Questions fréquentes #
À partir de quel âge lire des histoires à son enfant ?
Dès les premiers mois : la voix, le rythme des phrases et les images comptent avant même que l’enfant comprenne le récit.
Faut-il continuer à lire à voix haute quand l’enfant sait lire seul ?
Oui. La lecture partagée garde son intérêt au-delà du CP, pour découvrir des textes plus riches que ceux qu’il peut lire seul et entretenir le plaisir.
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Combien de temps les jeunes lisent-ils par jour ?
D’après l’étude 2026 du Centre national du livre, 18 minutes par jour de lecture loisir pour les 7-19 ans, contre 3 h 01 passées devant les écrans, hors lecture numérique et livres audio.




